Fin août dernier, l’Event Smart Energy battait son plein à l’Aula FXB de Sion. Des orateurs issus de l’industrie et la recherche se sont succédé pour confronter les idées et permettre le débat autour de la décarbonisation. Avec son expérience du terrain, François Fellay, directeur général d’OIKEN, y a apporté une perspective d’entrepreneur qui s’éloigne un peu des exposés académiques et scientifiques. Pour lui, la convergence des réseaux est un réel atout pour la transition énergétique.

François Fellay a débuté sa présentation en proposant une nouvelle manière de représenter les besoins et consommations d’énergie : en termes de véhicules électriques plutôt que de ménages. Conscient que la transition énergétique et la décarbonation ne fonctionnent pas en silos, il démontre qu’en déployant différents dispositifs, les économies de CO2 seront de 75% dans la mobilité, de 80% pour la chaleur et de 70% dans l’électricité. Une nouvelle plutôt réjouissante !

Un déséquilibre qui peut être résolu par la convergence des réseaux

En analysant les trois usages principaux de l’énergie, qui sont l’électricité, la mobilité et la chaleur, un déséquilibre en carbone saisonnier est constaté. En effet, l’électricité, bien que décarbonée sur un bilan annuel, est déséquilibrée en carbone à l’échelle saisonnière. Ceci est notamment lié à l’augmentation du solaire photovoltaïque, bien plus productif en été (plus de soleil, journées plus longues) qu’en hiver et à l’utilisation de l’hydraulique, qui fluctue selon les saisons. Dans le domaine de la chaleur, le gaz et le mazout sont actuellement remplacés par du chauffage à distance (CAD) et l’isolation des bâtiments est aujourd’hui favorisée. Bien que nécessaires, ces tendances augmentent la consommation d’énergie en hiver, ce qui accentue le déséquilibre. Le secteur de la mobilité n’est pas en reste : l’augmentation de l’utilisation des véhicules lors de la saison hivernale utilise davantage d’énergie et creuse ainsi le déséquilibre saisonnier. « L’enjeu est désormais de décarboner la société sur un bilan temporel plus fin, hebdomadaire ou journalier », précise l’orateur.

Pour pallier cette problématique, le directeur d’OIKEN détient une approche qui englobe tous les réseaux (électricité, éclairage public, gaz, CAD, …) et vise à la convergence de ces derniers. « Les réseaux doivent être réunis dans une unité d’affaires dénommée convergence des réseaux ».

Des solutions concrètes pour améliorer le monde de demain

Pour ce qui touche à l’électricité, l’entreprise OIKEN propose d’agir directement sur l’éclairage public. Avec un réseau de 25’000 points lumineux, l’assainissement de tous les luminaires permettrait une économie de 2/3 des kWh utilisés actuellement par année, soit 5.1 millions de kWh/an. Cela équivaut à faire rouler 3000 véhicules électriques qui parcourent une distance de 10’000km/an.

Le courant solaire émet actuellement environ 4x moins de CO2 que le courant par défaut du réseau. Seulement, il est nécessaire de développer des solutions de stockage décentralisées pour utiliser la production des saisons chaudes lors des périodes plus froides.
Les véhicules électriques sont entre trois et quatre fois plus efficients que les véhicules fossiles. Ces véhicules sont immobilisés 23h par jour en moyenne, soit 95% du temps. Avec une batterie de 50 kWh, dont la moitié utilisable pour du stockage, une seule voiture électrique permet de faire un microgrid pour environ 5 ménages (5 kWh / foyer). « On peut donc exploiter les synergies entre énergie solaire (production décentralisée) et véhicules électriques (stockage décentralisé semi stationnaire). Mais pour cela il faut un réseau dense de bornes de recharge. » explique François Fellay.

De l’intelligence dans les réseaux

Amener l’intelligence dans les réseaux complexifie le réseau. Le défi est désormais lié au renforcement du réseau : bien que les réflexions convergent, un travail doit être effectué pour interconnecter les réseaux de manière à ce qu’ils fonctionnent comme un ensemble. « Nous n’avons plus le temps de se tromper, ni d’être dogmatiques mais ensemble nous avons assurément les qualités pour réussir », conclut l’intervenant, optimiste.

Vous pouvez visionner le replay de la conférence 2021 sur www.eventsmartenergy.ch (replay payant – CHF 50.-).