«Pensez à l’environnement, n’imprimez pas ce message», est-il traditionnellement écrit en fin de courriel. Aujourd’hui, ce n’est toutefois pas en nombre de feuilles chiffonnées que l’on évalue l’empreinte carbone de nos activités numériques, mais en kilogrammes équivalent CO2. Au-delà du courriel, combien «pèse» une heure de vidéo en streaming via Netflix – ou, à l’heure du télétravail, en visioconférence par Zoom ou par Skype? La presse en ligne est-elle vraiment plus écologique que la presse papier? Ces questions ne sont pas triviales, tant le numérique est devenu omniprésent. Récemment, les gros titres se sont emballés: la vidéo en ligne émettrait indirectement autant de CO2 que… l’Espagne . Vraiment?

Pour évaluer l’impact environnemental d’une activité en ligne donnée, il faut d’abord prendre en compte la fabrication, le transport voire le recyclage du matériel utilisé. Et ceci pas uniquement au niveau du terminal – ordinateur, téléphone, tablette, etc. –, mais aussi des bornes WiFi, du ou des serveurs distants… Puis, dans un second temps, évaluer l’électricité consommée par ces appareils pour un usage donné, et la convertir en équivalent CO2, en fonction du mix électrique . C’est-à-dire de la part d’origine renouvelable, fossile, nucléaire dans l’électricité utilisée. «Ce n’est bien sûr pas spécifique au numérique, c’est la même chose pour une machine à café ou un aspirateur» , illustre Sébastien Humbert, directeur scientifique de Quantis, spin-off de l’EPFL spécialisée dans les analyses de cycle de vie (ACV). «L’empreinte carbone d’un […]