Comme tout le secteur du numérique (voir épisode précédent), les cryptomonnaies contribuent indirectement aux émissions de gaz à effet de serre par l’électricité qu’elles consomment. Qu’en est-il de la plus emblématique d’entre-elles, le Bitcoin, qui fait l’objet d’une intense guerre des chiffres?

Le Bitcoin, une usine à gaz carbonique? Des chercheurs estimaient en 2019, que l’empreinte carbone du réseau Bitcoin global était équivalente à celle d’un petit pays . Pour d’autres, la cryptomonnaie menacerait même les objectifs de l’accord de Paris. Pourquoi tant de haine? «Le débat est devenu émotionnel» , déplore Alexis Roussel, pionnier de l’écosystème Bitcoin avec la plateforme de transactions de cryptomonnaies Bity, dont il est cocréateur. «Il n’est pas pertinent de comparer une cryptomonnaie à des secteurs ou pays entiers.» En réalité, estimer l’empreinte environnementale de la cryptomonnaie est un exercice délicat, souvent pavé d’approximations.

Minage de Bitcoin et gaz à effet de serre

Commençons par décortiquer le fonctionnement du Bitcoin, très différent des monnaies classiques. Pour ces dernières, une banque centrale va inscrire chaque transaction sur un grand livre des comptes. Avec Bitcoin, le procédé est décentralisé. Accrochez-vous, c’est un peu technique:

  • Il existe une «chaîne» de blocs (la blockchain) — registre public de toutes les transactions, chaque bloc représente une page de livre de compte—, qui a la particularité d’être distribuée à travers les différents ordinateurs du réseau. Chaque participant dispose de sa propre copie du registre.
  • Chaque nouvelle transaction est transmise aux autres ordinateurs du réseau, qui vérifient sa validité.
  • Puis ces derniers agrègent les nouvelles transactions dans le registre public, en créant un nouveau «bloc». Alexis Roussel résume: «Le premier qui fabrique un bloc en résolvant un problème cryptographique a le droit de l’ajouter dans la chaine et de recevoir […]

image: Flickr / Marco Verch