Dans les discours politiques, les expressions comme maîtrise de la demande d’énergie (MDE) ou économie d’énergie, sont de plus en plus remplacées par la notion de « sobriété » . Cette notion interroge tout à la fois le modèle économique, le mode d’organisation collective, les modes de vie et les fameux comportements.

On peut ainsi décrire plusieurs types de sobriété : la sobriété d’usage (réduire l’usage de certains équipements, diminuer la durée ou la fréquence des activités les plus énergivores), la sobriété de substitution (remplacer un vieil appareil énergivore par un plus performant, ventiler une pièce plutôt que la climatiser, prendre un vélo, le bus ou le métro en lieu et place de la voiture), la sobriété dimensionnelle (ajuster l’envergure de son frigo à la taille du ménage, réduire et réglé l’espace chauffé en fonction de l’occupation) et la sobriété collaborative (mutualisation d’équipements, autopartage , « vélib », etc.). Toutes permettent de faire des économies d’énergie (1) sans réduire le confort de nos « vies modernes ».

Aux côtés de la sobriété qui s’adresse aux comportements individuels, comme aux collectifs sociaux, il importe alors de considérer une autre catégorie de sobriété qui fonctionne à l’échelle des institutions et des grandes décisions. Elle est d’ordre structurel . Elle qualifie l’effet attendu des réglementations comme celle relative à l’interdiction des terrasses chauffées qui entre en vigueur dans le cadre de la loi Climat et Résilience (avril 2022), ou comme celle de l’obligation de rénover les passoires thermiques (2) fixée par la Loi Énergie Climat. Elle concerne les manières de concevoir l’aménagement du territoire et le rapport au travail de façon à agir sur les temps de trajet… Elle concerne aussi le principe de sobriété embarqué dans toute réflexion relative au choix des infrastructures de production de l’énergie et aux activités économiques […]